Pourquoi la Zambie
Il existe une Afrique que les circuits de masse n'ont pas encore atteinte. La Zambie, enclavée au coeur du continent, en est le meilleur exemple : vaste comme deux fois la France, peuplée de moins de 20 millions d'habitants, traversée par le fleuve Zambèze qui dévale en bout de course dans les chutes les plus spectaculaires de la planète. C'est ici que le safari moderne est né, il y a soixante ans, quand un guide nommé Norman Carr a eu l'idée révolutionnaire de laisser le véhicule au camp et de marcher dans le bush.
Cette Zambie-là, on la ressent dès la première matinée dans le parc de South Luangwa : pas de convois de 4x4 entassés autour d'un lion, pas d'applications de partage de position GPS entre lodges concurrents. Juste un guide, un pisteur silencieux, la rouge argile de la vallée sous les semelles, et quelque part dans les taillis, le souffle d'un léopard. Le sentiment de vulnérabilité douce est précieux : il rappelle qu'on est dans la nature, et que la nature n'est pas un décor.
La Zambie se mérite. Le vol n'est pas direct, les routes des parcs sont parfois difficiles, les camps haut de gamme ont un prix cohérent avec leur singularité. Mais ceux qui font ce chemin reviennent invariablement marqués : par la nuit passée dans un arbre à observer les hippopotames, par le canoë descendu le Zambèze entre les dos émergés des hippos, par les 10 millions de chauves-souris qui s'envolent à Kasanka comme un nuage vivant au coucher du soleil.
















