Pourquoi Sao Tomé-et-Principe
À l'équateur exact, à deux heures de vol de Libreville et à une nuit de Lisbonne, deux îles volcaniques émergent du Golfe de Guinée comme oubliées par le monde. Sao Tomé-et-Principe n'est pas une destination de masse : c'est un secret partagé entre naturalistes, amoureux de plages vierges et voyageurs qui cherchent encore des endroits où personne ne les a précédés. Moins de 20 000 touristes y posent le pied chaque année. Pour comparaison, Zanzibar en reçoit deux millions.
L'île principale, São Tomé, est recouverte à 30 % de forêt primaire équatoriale classée parmi les plus riches d'Afrique en termes de biodiversité. Le Pico de São Tomé, à 2 024 mètres, change de végétation tous les 200 mètres d'altitude, du cacao sous ombrière jusqu'aux landes brumeuses peuplées d'espèces endémiques introuvables ailleurs sur Terre. À ses pieds, des plages de sable blond gardées par les tortues luth, les plus grandes du monde, viennent pondre de nuit entre juillet et septembre.
Le cacao est l'autre trésor de l'archipel. Les Portugais, qui colonisèrent ces îles inhabitées dès 1486, y importèrent la culture depuis le Brésil. Les roças, ces plantations coloniales à l'architecture singulière, sont les témoins de cinq siècles d'histoire complexe. Aujourd'hui, leurs séchoirs à cacao sentent encore le chocolat et leurs allées d'arbres centenaires abritent parmi les meilleures fèves du monde. Goûter un carré de chocolat Claudio Corallo produit ici, sous l'équateur, reste l'un des souvenirs les plus durables que l'archipel puisse offrir.


















