Pourquoi le Panama
Il y a un endroit sur cette planète où l'on peut regarder le soleil se lever sur l'Atlantique et le voir se coucher sur le Pacifique le même jour. Cet endroit, c'est le sommet du Volcán Barú, au Panama. Cette absurdité géographique dit tout du pays : une langue de terre de 75 000 km², coincée entre deux continents et deux océans, qui concentre en quelques heures de route les mangroves caribéennes, les forêts nuageuses d'altitude, les archipels immaculés et l'une des skylines les plus étonnantes d'Amérique centrale.
Le Canal de Panama est évidemment l'attraction signature du pays. Regarder un porte-conteneurs de 300 mètres se laisser soulever par les écluses de Miraflores est un spectacle à la fois industriel et poétique, témoignage de l'ambition humaine à son paroxysme. Mais le Panama ne se réduit pas à son canal. Casco Viejo, le quartier colonial de Panama City, rivalise avec les centres historiques de Carthagène ou de La Havane. L'archipel de San Blas, administré par le peuple autochtone Guna, offre une expérience rare : des îlots de sable blanc et de palmiers, sans béton, sans resort, juste la mer et des cabanes en bois de palmier.
Le Panama est aussi un pays de passage : c'est précisément ce qui l'a enrichi. Port franc, hub continental, carrefour de cultures depuis le XVIe siècle, il a absorbé les influences espagnoles, colombiennes, caribéennes, nord-américaines et autochtones pour produire quelque chose d'unique. Pas encore surinvesti comme le Costa Rica voisin, il garde cette qualité rare : un dépaysement profond, sans avoir à sacrifier le confort.


















