Où aller
Le Pakistan se découvre le plus naturellement en deux blocs : le sud culturel (Lahore, Islamabad, Peshawar, Mohenjo-Daro) et le grand nord montagneux (Hunza, Gilgit, Skardu, Karakoram).
Lahore, capitale culturelle mogole
Lahore est souvent la révélation du voyage au Pakistan pour ceux qui ne connaissent que la réputation sécuritaire du pays. La Badshahi Mosque, construite en 1673 par l'empereur Aurangzeb, est l'une des plus grandes mosquées du monde islamique, avec sa cour pouvant accueillir 100 000 fidèles. À deux pas, le Fort de Lahore (XVIIe siècle, UNESCO) déploie sur 20 hectares des jardins moghols, des pavillons de marbre et des fresques de pietra dura rivales de l'Inde voisine. La ville vit par ses bazaars : le bazar Anarkali, le plus ancien marché couvert d'Asie du Sud, et les ruelles de la vieille ville forment un labyrinthe de boutiques de soieries, de bijoux et d'artisans du cuivre.
Islamabad et la porte du nord
Islamabad est une capitale atypique dans son genre : conçue de zéro dans les années 1960 selon un plan en damier rigoureux, elle contraste radicalement avec le chaos vivant des autres grandes villes pakistanaises. La mosquée Faisal (1986) en est l'emblème : son architecture en forme de tente bédouine blanche, entourée de quatre minarets de 90 m, est l'une des constructions les plus audacieuses du monde islamique contemporain. C'est surtout la base de départ naturelle vers le nord : l'aéroport dessert Skardu et Gilgit, et c'est ici que commence la Karakoram Highway.
La Karakoram Highway, route mythique
La KKH est l'axe central de tout voyage dans le nord du Pakistan. De Islamabad à Karimabad (Hunza), comptez 8 à 10 heures de route par des gorges qui serrent la respiration : l'Indus en contrebas, des parois à pic de 2 000 m, et régulièrement une falaise entaillée à la dynamite pour faire passer deux voitures. La portion la plus spectaculaire longe le lac Attabad, un lac turquoise apparu en 2010 à la suite d'un glissement de terrain qui a englouti un village entier et transformé 20 km de route en voie navigable. Plus au nord, les Passu Cones, ces aiguilles de roche striée qui surgissent à 6 100 m, sont parmi les formations géologiques les plus photogéniques de la planète.
Hunza, la vallée légendaire
Hunza est à la fois une vallée et un état d'esprit. Les habitants y ont longtemps eu l'espérance de vie la plus longue d'Asie, attribuée au régime à base d'abricots, de noix et d'air de montagne. Karimabad, le village principal, perché à 2 400 m avec vue directe sur le Rakaposhi (7 788 m), est le point de convergence des voyageurs venus du monde entier. Le Baltit Fort, restauré par la fondation Aga Khan, domine le village depuis un éperon rocheux : c'était la résidence des Mirs de Hunza pendant 700 ans. De là, les randonnées vers Eagle's Nest (vue à 360° sur cinq sommets de plus de 7 000 m) ou vers les prairies d'Ultar Sar sont parmi les plus belles marches accessibles au Pakistan.
Skardu et le pays des géants
Skardu est la ville-carrefour du Baltistan, à 2 228 m d'altitude, d'où partent les expéditions vers les plus hautes montagnes du monde. Le K2 (8 611 m), deuxième sommet mondial, est accessible depuis Skardu par un trek de 10 à 14 jours vers le campement de Concordia, à 4 600 m. Sans ambition alpiniste, Skardu offre déjà des paysages hors du commun : la plaine glaciaire de Shigar, le lac Satpara aux eaux émeraude, et la singulière vallée froide de Sarfaranga (désert à haute altitude).
Peshawar et le Khyber Pass
Peshawar est l'une des villes les plus anciennes d'Asie, carrefour de la Route de la Soie depuis l'Antiquité. Son bazar Qissa Khwani (le bazar des conteurs) résonne encore de l'écho de ceux qui y ont commercé pendant 2 500 ans : marchands de soieries, vendeurs de chaplis kebab, porteurs chargés d'épices. Le musée de Peshawar abrite l'une des plus belles collections d'art bouddhiste Gandhara du monde, témoignage de l'époque où cette région était un centre majeur du bouddhisme. Le Khyber Pass, à 40 km de là, est visitable avec un guide agréé et les autorisations nécessaires.
Mohenjo-Daro, la cité fantôme
Mohenjo-Daro est une stupéfaction : à 4 500 ans, cette cité de l'Indus était déjà mieux planifiée que la plupart des villes du monde antique. Rues perpendiculaires, système de drainage sophistiqué, greniers publics, grand bain collectif : la civilisation harappéenne qui l'a bâtie avait atteint un niveau de complexité sociale et technique comparable à la Mésopotamie et à l'Egypte, dans le même siècle. Le site, classé UNESCO et accessible depuis Larkana dans la province du Sindh, est l'un des rares lieux de visite dans le sud du Pakistan.