Pourquoi le Bénin
Il y a des pays qui étonnent et des pays qui dérangent, dans le bon sens du terme. Le Bénin est de ceux-là. Petit État d'Afrique de l'Ouest, coincé entre le Nigeria et le Togo, il réunit dans un espace restreint des expériences que l'on ne trouve nulle part ailleurs : un village entier bâti sur l'eau, des palais royaux dont les murs racontent encore les conquêtes guerrières, et une religion vivante, le vaudou, pratiquée par des millions de Béninois dans une continuité ininterrompue depuis des siècles.
Le vaudou n'est pas ici un folklore ni une attraction touristique. C'est une cosmologie complexe, une façon d'entrer en relation avec les ancêtres et les esprits, une réalité quotidienne dans les quartiers de Cotonou comme dans les villages du Nord. À Ouidah, la ville sainte, les cérémonies sont ouvertes au public avec une générosité désarmante. En janvier, les Vodun Days réunissent des centaines de milliers de fidèles et de visiteurs du monde entier dans une transe collective qui dure trois jours et trois nuits.
Le Bénin est aussi le pays de la douleur historique de la traite négrière. La Route des Esclaves d'Ouidah, la Porte du Non-Retour face à l'Atlantique, les palais d'Abomey dont la richesse fut construite sur la vente d'êtres humains : rien de tout cela ne s'oublie. Mais ce pays porte cette mémoire sans se réduire à elle. C'est aujourd'hui l'une des démocraties les plus stables d'Afrique subsaharienne, un pays francophone facile d'accès, et une destination encore épargnée par le tourisme de masse.



















