Pourquoi Andorre
Il y a quelque chose d'improbable dans l'existence d'Andorre. Ce mini-État de 468 km² coincé entre France et Espagne, gouverné conjointement par l'évêque d'Urgell et le président de la République française depuis le XIIIe siècle, concentre dans un espace à peine plus grand qu'un arrondissement parisien tout ce qui fait la magie des Pyrénées : des sommets dépassant 2 900 mètres, des vallées encaissées parcourues de rivières turquoise, des villages de pierre qui semblent suspendus dans le temps, et le tout sans frontières intérieures à franchir pour les Français.
Mais Andorre, c'est aussi une curiosité économique fascinante. Grâce à une fiscalité parmi les plus basses d'Europe (TVA à 4,5%), la principauté est devenue un eldorado du shopping hors taxes. Parfums, spiritueux, tabac, électronique, montres : les prix affichés en vitrines donnent parfois le vertige à qui vient de France. Des millions de visiteurs y font chaque année une halte acheteuse, souvent sans remarquer que le paysage autour d'eux est d'une beauté confondante.
C'est peut-être là le secret d'Andorre : on vient pour le duty-free, on reste pour la montagne. Pour les pistes de Grandvalira, l'un des plus grands domaines skiables de toute la péninsule ibérique. Pour les lacs glaciaires d'Ordino où le silence n'est rompu que par le vent dans les bouleaux. Pour les eaux thermales du Caldea, cette tour futuriste de verre et d'acier qui surgit comme une apparition au fond d'une vallée pyrénéenne. Andorre est un pays à taille humaine, traversable en voiture en moins d'une heure, mais assez riche pour occuper une semaine entière.
















